•    J'ai déjà parlé de Viktor Tsoi dans un article précédent, chanteur du légendaire groupe KINO, s'étant officiellement endormi au volant de sa voiture dans les environs de Riga alors qu'il revenait d'une partie de pêche.

       Accident ou non, et au-delà du fait qu'il était un auteur-compositeur extrêmement talentueux, il a eu un courage que peu ont eu : revendiquer des changements en URSS. Voici deux chansons, sans doute ses plus connues, et leurs traductions ci-dessous.

      

    http://www.youtube.com/watch?v=eg7BFXss1hE  

      

    Des changements :  

     

    A la place de la chaleur de la moisissure sur les vitres,

    A la place du feu de la fumée,

    Du calendrier mural

    Un jour est arraché, .

    Le soleil rouge se consume totalement,

    Et la journée brûle avec lui

    Sur la ville poussiéreuse

    L’ombre tombe.

     

    Des changements

    Exigent nos coeurs

    Des changements

    Exigent nos yeux

    Dans notre rire et dans nos larmes

    Et dans la pulsation de nos veines

    Des changements,

    Nous attendons des changements !

     

    La lumière électrique prolonge notre journée

    Et la boite d’allumettes est vide,

    Mais dans la cuisine comme une fleur bleue

    Brûle le gaz.

    Des cigarettes dans les mains, du thé sur la table,

    Ce schéma est simple,

    Et il n’y a plus rien : le reste se trouve en nous !

     

    Des changements

    Exigent nos coeurs

    Des changements

    Exigent nos yeux

    Dans notre rire et dans nos larmes

    Et dans la pulsation de nos veines

    Des changements,

    Nous attendons des changements !

     

    Nous ne pouvons pas nous vanter d’avoir un regard sage

    Et d’être adroits de nos mains,

    Nous n’avons pas besoin de tout cela pour nous comprendre.

    Des cigarettes dans les mains, du thé sur la table

    C’est ainsi que le cercle se ferme

    Et tout d’un coup nous avons peur de changer quoi que ce soit.

     

    Des changements...

      

       La chanson suivante est le titre-phare du film "L'Aiguille", dans lequel Viktor Tsoi incarne le rôle d'un jeune homme venu à Almaty (Kazakhstan) récupérer de l'argent auprès d'une aNcienne connaissance, et qui va vivre quelques jours chez une de ses amies, Dina. Il découvre que Dina est une junkie et il décide de la sauver. Tourné avec de petits moyens, il rappelle l'esprit de la nouvelle vague et est très plaisant à regarder.

       

    http://www.youtube.com/watch?v=6i7zxpbOcaI&feature=related

     

     

    Groupe sanguin : 

     

     

    Un coin chaud,

    Dans la rue on attend nos traces de pas,

    De la poussière d’étoile sur les bottes.

    Un fauteuil mou, une couverture quadrillée

    Une gachette appuyée trop tard

    Un jour ensoleillé dans des rêves éblouissants.

     

    Groupe sanguin sur la manche

    Mon numéro de série sur la manche,

    Souhaite-moi bonne chance au combat

    Souhaite-moi

    De ne pas rester dans ces herbes

    De ne pas rester dans ces herbes

    Souhaite-moi bonne chance

    Souhaite-moi bonne chance

     

    J’ai de quoi payer,

    Mais je ne veux pas la victoire à tout prix

    Je ne veux mettre mon pied sur la poitrine de personne

    Je voudrais rester avec toi

    Juste rester avec toi

    Mais l’étoile, haute dans le ciel, me dit de me mettre en route

     

    Groupe sanguin sur la manche...

     

     

     


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  •    Cela commence par une matinée au travail un jour d'été : pas grand-chose à faire, tout le monde est en vacances, j'ouvre internet, surfe et tombe sur un blog consacré sur la Russie.

       Appelons son auteur "Mickey" parce que j'aime bien ce nom aux résonnances atlantistes.

       Horreur ! Après dix minutes de lecture, j'ai l'impression de vivre dans le pire pays du Monde, la police, corrompue, m'attend à l'entrée du métro pour me dépouiller, je vis dans une tyrannique dictature et suis écouté jusque dans les toilettes par les insidieux agents du FSB ancien KGB. Mes amis font tous parti de la mafia, quand mes amies sont des prostituées qui se mettent au tapin lorsque je dors trop profondément pour les remarquer ! Bref...

    ...je vis en Enfer !

       Pour me remonter le moral, et après m'être préparé une tasse de café fort (oui, je suis accro au café en ce moment), j'ouvre un autre blog consacré à la Russie.

       Appelons son auteur "Cheburashka", héros de dessins animés russe, parce que physiquement il lui ressemble un peu.

       O joie ! Après dix minutes de lecture, j'ai l'impression de vivre dans le meilleur des mondes ! La police incorruptible, est là pour me protéger de personne parce que rien ne peut m'arriver de toute façon, les gentils agents du FSB poursuivent les méchants comme dans des films de James Bond aux rôles inversés. Il n'y a plus de prostitués en Russie, plus de problèmes, bref...

    ...je vis au paradis !

       Je ne sais pas pourquoi, la Russie, qui est le plus grand pays du Monde, un pays de contraste à la culture et à l'Histoire passionnantes, et qui, aussi, est un pays que j'aime véritablement, n'a pas droit à ce qui devrait lui être dû naturellement : l'objectivité. 

       Je n'ai pas ni le temps, ni le courage de m'atteler à un tel chantier. Ni celui, d'ailleurs, de pourfendre les idées reçues ancrées autant par du journalisme d'égoût que par une russophilie et un panslavisme écoeurants par leur parti-pris.

       L'enfer des uns est le paradis des autres, ce pourrait être le titre d'une chanson !

       Trouvera t-on quelqu'un pour dire que la médecine est de haut niveau en Russie, mais qu'elle souffre d'un manque cruel de financement ?

       Trouvera t-on quelqu'un pour expliquer que la police n'est pas corrompue mais potentiellement corruptible, et qu'il y a là des nuances qu'un européen a du mal à comprendre sans en avoir les clés ?

       Trouvera t-on quelqu'un pour décrire la Russie, enfin, telle qu'elle est, c'est à dire un pays magnifique où pour certains il fait très bon vivre quand d'autres ont du mal à joindre les deux bouts ?

       Trouvera t-on enfin quelqu'un pour expliquer que les filles russes loin, en général, d'être les prostituées qu'on nous présente dans certaines émissions du service public français qui sentent à plein nez le caniveau, sont les filles les plus romantiques du Monde ?

       Ce ne sera pas moi, désolé, pas le temps, pas l'envie etc.

       Je préfère vous laisser avec cette chanson des Négresses vertes, rien à voir ou presque avec la Russie, sauf qu'on pourrait sans doute y remplacer le mot "Paris" par "Moscou" :  http://www.youtube.com/watch?v=E1-0nUaw1Ts

      

        

          


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  • Si le nom de Boulgakov ne vous dit rien, vous avez beaucoup de chance : cela veut dire que vous avez cette possibilité magnifique d'entrer avec un regard neuf dans l'oeuvre d'un des plus grands écrivains russes de tous les temps.

       Mikhail Afanasievich ( 1890-1940) a rêvé toute sa vie de partir, allant jusqu'à écrire la biographie de Molière, espérant que cela l'aiderait à émigrer. Il rêvait de voir Paris, mais ne passera  jamais la frontière soviétique.

       Il était admiré par Staline, qui voyait dans sa plume un danger potentiel au cas où on le laisserait partir.

      Alors toutes ses frustrations, tout son amour pour Elena Sergeievna, sa troisième femme, toute sa haine pour l'administration, les journalistes, et l'étroitesse d'esprit de certains, Boulgakov va les exprimer dans un roman, qu'il continuera à rédiger par la main de son épouse lorsque, devenu aveugle, il ne pourra plus le faire lui-même.

       Le Maître et Marguerite est une des oeuvres les plus extraordinaires de la littérature mondiale

       Et donc, l'histoire : deux figures littéraires du Moscou des années 30 se baladent au bords de l'Etang du Patriarche. Ils discutent d'un poème écrit par l'un d'eux à propos de Jésus. Visiblement intéressé par leur conversation, un homme, étranger, se joint à eux. Mais ce visiteur, qui se dit spécialiste de magie noire, va hautement les intriguer.

       Cet homme, c'est Woland, ou Satan. Venu à Moscou accompagné de sa terrible et hétérogène bande : Koroviev, clown de mauvaise facture au costume déchiré, Begemot, énorme chat noir aux extraordinaires pouvoirs, Azazello, pirate de cauchemar spécialiste des basses besognes, et Hella, fatale femme vampire.

       La suite, vous la découvrirez vous-mêmes. Sachez que Le Maître et Marguerite a été adapté en 2006 à la télévision russe, en dix épisodes, et malgré la difficulté de la tâche, je trouve que le réalisateur s'en est très bien sorti. On peut trouver ces vidéos avec les sous-titres en anglais.

       J'aurais beaucoup à raconter sur le Maître et Marguerite, ce sera pour plus tard, le temps pour moi de récupérer mes notes.

         Boulgakov se moquait des gens qui disaient qu'il serait un jour reconnu à sa juste valeur. Il pensait que son roman méritait l'ombre, ne croyant pas lui même son Méphisto déclarant au maître : "les manuscrits ne brûlent pas !". Son roman phare est pourtant devenu une des oeuvres les plus lues dans la Russie d'aujourd'hui. 


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  •   Faisons simple, en connaissant ces quelques expressions vous pourriez réussir à surnager.

      Commençons par une règle phonétique simple : lorsque vous parlez français, instinctivement, vous allongez le phonème final de votre phrase. Exemple : "Je rentre à la maison", le "on" final est stressé, pour reprendre un terme cher à nos amis anglo-saxons. En anglais, dans le mot "computer", la syllabe soulignée est aussi stressée.

      En russe, cette insistance apparaît à chaque mot. Elle sera notée comme ci-dessus.

      Quelques expressions utiles, donc :

       Bonjour : zdrastouitié (pas facile !)  

       Oui : da

       Non : niet

       Excusez-moi : izvinitié

       Merci : spasiba

       S'il-vous-plaît : pajalosta

       Une fois que vous savez ça, deux situations communes possibles :

       vous cherchez votre chemin :

       Pourriez-vous m'indiquer où se trouve le métro (la place rouge) s'il-vous-plaît ? :

       Izvinite, a vi nie padskajite gdie metro (krasnaïa plochad) ?

       Allez à gauche/à droite/tout droit : iditie na levo, na prava, priama.

       Je suis français : Ya flantsouz

       au restaurant :

       Je pourrais avoir un menu en français (en anglais) s'il-vous-plaît ? :

       A mojna menyou  pa flantsouski (pa angliski) pajalosta ?

       Et maintenant le plus cocasse pour les français en Russie :

       -l'addition, s'il-vous-plaît ?

       -un instant :

       -chiott pajalosta

       -chiass

       J'espère que cela vous sera utile si vous venez nous voir !

     

      

     

      


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  • Il y a dix ans, jour pour jour, Toulouse a été soufflée comme un château de cartes. Tous nous gardons un souvenir précis de cette journée, et pour moi en tout cas chaque seconde en est restée sur la pellicule de ma mémoire. Ce petit article est juste un hommage à ma ville de naissance, une déclaration.  

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