•   J'ai passé le long week-end du huit mars (férié en Russie) à Nijni Novgorod, où, comme j'ai eu l'occasion de l'écrire précédemment, j'ai vécu durant deux magnifiques années. L'hiver a décidé de faire encore un peu de résistance, pour le plus grand  bonheur de mon appareil photo et le plus grand malheur de mes oreilles. Visite donc, n'oubliez pas vos cache-nez !

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  •    Ilya Ilf et Evgueni Petrov étaient des nègres d'écrivains célèbres dans les années vingt. Un jour, l'un de ces écrivains leur demanda d'écrire un livre au sujet humoristique, mais ils finirent par l'éditer eux-même, ainsi parut, en 1928, Les douze chaises.


      Les années vingt furent celles de la famine, mais également des possibilités d'enrichissement pour certains hommes d'affaires peu scrupuleux (en cela, on peut les comparer aux années 90 si chaotiques en Russie). C'était l'URSS de la Nouvelle Politique Economique, avec un retour fragile à un capitalisme contrôlé.

       L'histoire : un aristocrate reçoit les confidences de sa vieille tante avant que celle-ci ne meure : elle aurait caché un véritable trésor sous forme de diamants dans une des chaises qui ornaient autrefois son salon. Problème : celle-ci ont été vendues.

       L'information tombe dans l'oreille d'un personnage rusé et haut-en-couleurs, auto-proclamé "le grand combinateur", qui va proposer à l'aristocrate déchu de retrouver les chaises avec lui. S'en suit une chasse au trésor géante après les douze chaises dont une détenant l'héritage tant convoité.

       Certaines expressions du roman sont entrées dans la langue courante russe : "tu ne veux pas les clés de l'appartement où est caché l'argent ?" (lorsqu'une personne vous demande un peu trop), "je ne mange pas six jours" (en français dans le texte) ou encore : "la glace est rompue, messieurs les jurés" (pour dire qu'une affaire progresse. 

       Le Grand Combinateur a donné, pour les joueurs russes, son nom à un premier coup aux échecs : 1.e4 est parfois surnommé le "coup d'Ostap Bender". Vous découvrirez pourquoi, évidemment, en lisant ce roman que je vous conseille grandement, tant il est amusant et rythmé.

       Sachez enfin que Ilf et Petrov n'étaient pas d'accord sur la fin à donner à l'histoire, et qu'ils la tirèrent à pile ou face.

       Il y eut plusieurs adaptations, dont celle, la plus célèbre, vit Andreï Mironov, grand acteur soviétique, jouer le Grand Combinateur. Voici la chanson d'Ostap, avec la traduction ci-dessous :

    Our life is a game (Миронов, Белеет мой парус) - YouTube

    Non je ne pleure pas,

    Je ne fonds pas en larmes,

    A toutes les questions je réponds franchement

    Que notre vie est un jeu, à qui la faute

    Si je m'y suis pris

    Devant qui dois-je m'excuser,

    On me laisse prendre je n'ai pas le courage de refuser

    Et est-ce que mon talent et la chaleur de mon âme

    Ne méritent pas un petit honoraire ?

    Le vent cruel peut bien se mettre en colère

    dans le brouillard des mers de notre quotidien

    Ma voile blanche et solitaire

    se détache sur fond de bateaux d'acier.

    reconnaissez que cela a son charme

    de toucher la pomme d'un coup pratiquement sans viser

    Oeil d'aigle, pression, volte-face élégante

    Et directement dans les mains : le fruit défendu

    Quel délice de raser les bords

    Plus un geste, les anges, regardez : je joue !

    Laissez le compte de mes péchés pour plus tard

    Et appréciez la beauté du jeu

    Le vent cruel peut bien se mettre en colère

    Dans le brouillard des mers de notre quotidien

    Ma voile blanche et solitaire

    Se détache sur fond de bateaux d'acier

    Je ne suis ni un brigand ni un apôtre

    Pour moi non plus tout n'est pas si simple

    Et il est bien possible que mes petites affaires

    Me fassent des cheveux gris avant les autres.

    Mais je ne pleure pas,

    Et ne fonds pas en larmes

    Bien que je ne sache pas où je vais gagner où je vais perdre

    Et il est bien possible pour mon propre malheur

    Que je perdrai plus que je ne gagnerai

    Le vent cruel peut bien se mettre en colère

    Dans le brouillard des mers du quotidien

    Ma voile blanche et solitaire  

    Se détache sur fond de bateaux d'acier...




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  •    L'hiver se meurt et petit à petit les premiers signes avant-coureurs du printemps se laissent deviner. La neige est moins solide, la boue s'attaque à votre pantalon. Bref, la saison n'est, à mon humble avis, pas la plus belle pour des scéances de photos.  Pour vous faire patienter, pour peu que l'un d'entre vous patiente vraiment sur mon blog, voici quelques clichés de mes archives, prises en automne. Il s'agit d'un vieux quartier du nord de Moscou, Timiriazevskaya, situé au bord d'une très grande forêt dans laquelle se réunissent joueurs d'échecs, amateurs de véhicules télécommandés et autre pêcheurs l'été.

       Ci-dessous, une église en bois orthodoxe typique de la Russie ancienne :  

       

    Timiriazevskaya

         Voici un arrêt de tramway en bois. Il n'en reste plus beaucoup comme ça à Moscou. Le quartier est assez calme, très étendu, et il est très agréable de s'y balader.

    Timiriazevskaya

       Amateurs de voitures télécommandées, qui se réunissent en général dans une clairière de la forêt de Timiriazevskaya. 

    Timiriazevskaya

         L'Automne, sans doute la plus belle et la plus triste des saisons, et qui rappelle le plus cette âme slave si compliquée, si mélancolique et pourtant si belle.

    Timiriazevskaya

         Je ne connais pas d'autre ville au Monde où il soit possible de se retrouver en pleine nature, bien entouré de plus de quinze millions d'habitants !  

    Timiriazevskaya

        Je ne sais pas du tout qui est ce jeune homme ramassant des champignons. 

    Timiriazevskaya

       Encore une église en bois typique, aux multiples coupoles. Timiriazevskaya

       Cette petite promenade n'était certes pas de saison, j'attends un peu que le temps soit plus clément et vous ferai découvrir Moscou au printemps, et espérons plus joyeux ! 

     


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  •    Le 23 février est un jour férié en Russie et dans la plupart des pays de l'ex-Union Soviétique. Ce jour correspond, en passant sur les détails et à quelques jours près, à la création de l'Armée Rouge en 1918. Cette fête est celle des "défenseurs de la nation", autrement dit "jour des soldats", mais sans doute pour compenser le 08 mars qui est la fête des femmes, et qui est devenue journée internationale de la femme il y a quelques années, on fête également les hommes le 23 février (qui sont évidemment tous, potentiellement, des défenseurs de la nation). 

        Raconter l'homme russe en quelques mots est évidemment délicat, nous nous contenterons de dire qu'il doit paraître fort et qu'il se doit d'être manuel, prêt à réparer la tuyauterie à la première occasion. L'intelligence, par exemple, est toujours un atout, évidemment, mais je ne vexerai j'espère personne en disant qu'elle est une qualité parmi d'autres en Russie. Par contre, ne pas savoir se servir d'un tournevis est absolument impardonnable. 

        L'homme russe est un décideur, du moins en principe, et ce rôle de "chef de famille" qui en France tend à disparaître lorsque l'homme et la femme partagent de plus en plus les mêmes devoirs et responsabilités. Ce patriarcat ancestral qui nous semble tant vieille France est encore vivace en Russie. L'homme gagne l'argent de la pitence, la femme s'occupe des tâches ménagères et des enfants. Je schématise un peu. Mais ceci est loin d'être un cliché, surtout en province.

       Notons enfin que l'armée est toujours obligatoire en Russie, même si tous les jeunes gens font tout pour l'éviter. Il est peut-être temps de constater que le monde a changé, et qu'en fin de compte, plus personne n'a envie de taper sur son voisin. Ou de s'enfermer dans une caserne, à l'heure où trois avions peuvent décider d'une guerre.   

       Bonne fête aux défenseurs de la nation, donc 


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  •    Je sais que je vais blasphémer, le roman dont je veux vous parler, ainsi que son auteur, ne sont pas russes mais polonais. Mais l'âme slave y est tellement présente que ce livre aurait pu être écrit aussi bien en cyrillique.

       Solitude sur le réseau, de Yanush Vishnevskii est un roman paru en 2004, et qui raconte l'histoire d'un amour (presque) anonyme. Il allume un jour son ordinateur, et trouve un nouveau message sur ICQ d'Elle. Il vit en Allemagne, Elle vit en Pologne, et Elle lui écrit pour se confier.

       Va commencer une étrange histoire d'Amour, passionnée, dans laquelle deux êtres qui ne se sont jamais vus vont tout donner, et tout se raconter.

       "De toutes les choses éternelles, celle ayant la durée de vie la plus courte est l'Amour" nous prévient l'auteur à la première page.

       Un film en a été tiré, et a connu un grand succès international en 2006. Je ne suis pas sûr du titre en Français, il a pu être traduit autrement. Je vous conseille vivement ce roman qui est très touchant, même si vous n'avez pas l'âme romantique.

       Voici la (très étrange) bande-annonce ci-dessous :

       S@motnosc w sieci - YouTube

     


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