•      Cette chanson du groupe "Olya i monstr" (Olga et le monstre) est pour tous ceux qui comprennent ce qu'est cette voix dont il est question ici. On devrait toujours trouver une raison de se battre, ne serait-ce que pour la beauté du geste. Et cette voix ne devrait pas être seulement intérieure, dans un monde meilleur. Voici le lien ,et la traduction ci-dessous :   

    http://www.youtube.com/watch?v=MtiuHMUbtTs

    La voix

    S’effondrent les limites, disparaissent les frontières, 

    Ce qui était loin devient proche.

    Vais-je entendre ce que je ne voulais pas savoir,

    Dans le bruit, à la va-vite, et en basse qualité ?

    Les vraies choses arrivent toujours au mauvais moment

    Et sont si constantes,

    Avec l’envie de chasser cette voix

    Qui ennuie à répéter :


    "S’il-te-plaît ne te consume pas,

    Puisque quelqu’un doit de toute façon brûler,

    Au coin de la rue commence le Paradis,

    Il faut juste un peu tenir le coup.

    Recule du bord,

    Il est trop tôt pour que tu te consumes,

    Au coin de la rue commence le Paradis,

    Il faut juste attendre un peu.

     

    S’il-te-plaît ne te consume pas, 

    Sauve ce que peux,

    Pardonne ce que peux,

    Et va tant que tu peux,

    Recule du bord,

    Au coin de la rue commence le Paradis"

     

     Une voix si basse, plus basse que n’importe quelle autre voix

    Que le tic-tac des montres, que les pas et le crissement des freins,

    Lutte, bats-toi,

    Pourquoi avoir tout froissé, sali ?

    Si je pouvais savoir comment éteindre cette radio...

    Cette voix si basse, en dedans et en dehors, réelle et en rêve

    Qui etouffe quelque-chose de mal en moi,

    Et je ferme les yeux, pesant le pour et le contre,

    Cherchant à comprendre : que veux-tu de moi, esprit ?


    S’il-te-plaît ne te consume pas,

    Puisque quelqu’un doit de toute façon brûler,

    Au coin de la rue commence le Paradis,

    Il faut juste un peu tenir le coup,

    Recule du bord,

    Il est trop tôt pour que tu te consumes,

    Au coin de la rue commence le Paradis,

    Il faut juste attendre un peu.

     

    S’il-te-plaît ne te consume pas, 

    Sauve ce que peux,

    Pardonne ce que peux,

    Et va tant que tu peux,

    Recule du bord,

    Au coin de la rue commence le Paradis,

     

    Je dois entrer dans ce mur de portes closes

    Mais mes doigts sont brisés et il ne présente aucune aspérité,

    Et je me retrouve tout d'un coup dans les débris, blanche comme une craie,

    J’ai bien fait, esprit ?

    C’est ça que tu voulais ?


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  •    Cette chanson fut écrite en 1986, soit en pleine Perestroïka, et la critique du système soviétique auquel il reste si peu de temps (à peine cinq ans) est évidente. A noter que le crépuscule rose de la chanson, au départ, était un crépuscule marron, référence au nazisme. Cela n'a bien entendu pas passé la censure. 

       Et pourtant, lorsque j'écoute ce morceau, j'ai l'étrange sensation que ces paroles n'appartiennent pas au passé, qu'elles ne font pas référence à un système politique particulier, et qu'elle nous parle de nos vies, de ce qu'est la société de nos jours : nous sommes tous attachés par une même chaîne, et liés par un même but. 

       Je m'étais promis de ne pas parler politique sur mon blog, cette chanson l'est complètement, mais je la trouve très profonde, elle appelle à la réflexion à chaque ligne, et fait à part entière partie du patrimoine russe/soviétique. Il aurait donc été dommage de vous en priver. Le groupe est Nautilus Pompilius, l'un de mes groupes préférés, comme vous l'aurez compris si vous avez un peu flâné sur ce blog. 

    Наутилус Помпилиус - Скованные одной цепью - 

    La responsabilité collective salit comme la suie,

    Je saisis la main d'un autre et sens un coude

    Je cherche les yeux je rencontre un regard

    Là, le derrière est au-dessus des têtes

    Et à l'aurore rouge suit un crépuscule rose

    Nous sommes tous attachés par la même chaîne, tous liés par un même but

    Nous sommes tous attachés par la même chaîne, tous liés par un même but

    Ici les articulations sont molles et l'espace est énorme,

    ici les effectifs sont broyés pour faire des camps de travail

    On a un discours pour la cuisine et un autre pour la rue,

    Ici les aigles sont abandonnés au profit des poulets de chair

    Et même en les embrassant je suis sur le même alignement que ceux qui sont

    Tous attachés par une même chaîne, tous liés par un même but

    Tous attachés par une même chaîne, tous liés par un même but

    On peut croire sans avoir la foi

    On peut faire sans avoir la moindre chose à faire

    Les plus pauvres bénissent le fait 

    que leur pauvreté est garantie

    Ici on peut jouer pour soi de la trompette

    Mais quoi que tu joues tu joueras toujours le signal de la retraite,

    Et s'il y en a qui viennent te voir,

    Il s'en trouvera toujours qui viennent te chercher

    Tout autant que toi

    Tous attachés par une même chaîne, tous liés par un même but,

    Tous attachés par une même chaîne, tous liés par un même but

    Ici les femmes cherchent mais ne trouvent que la vieillesse

    Ici l'étalon du travail est considéré comme étant la fatigue

    Ici il n'y a pas de salopards dans des cabinets de cuir

    Ici les premiers ressemblent aux derniers

    Et ceux-ci ne sont peut-être pas plus fatigués, sans doute, d'être

    Tous attachés par une même chaîne, tous liés par un même but

    Tous attachés par une même chaîne, tous liés par un même but

     

     

    YouTube


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  •  

        Il s'agit d'un fait divers tout ce qu'il y a de plus banal, rien à voir avec les informations de premières pages, les discours des politiques et les terribles nouvelles économiques qui font trembler l'Europe : au début de l'année un homme a été retrouvé mort, seul, chez lui, et, détail morbide, son décès datait de plusieurs mois. Voici le Monde dans lequel nous vivons, le petit écran nous transporte d'un bout à l'autre de la terre et appelle en nous toute l'empathie dont nous sommes capables. Au final, on en oublie ceux qui, dans leur solitude, vivent de l'autre côté de notre porte. Ce n'est pas une question de nationalité : nous habitons tous "La ville de l'amour fraternel". Chanson :04.Наутилус Помпилиус Город братской любви. - YouTube

    Et traduction ci-dessous : 

    La voisine dira qu'ils sont venus

    Et ont trouvé la convocation dans le trou de la serrure,

    La voisine dira qu'ils ont sonné

    mais n'ont pas attendu les pas du vieillard.

    Demande de paiement ridicule dans une enveloppe officielle

    Pour une veilleuse que le mort avait oublié d'éteindre

    Il ne pourra plus nous fuir après la mort 

    Tant que nous nous souvenons qu'il est notre débiteur

    Nous habitons la ville de l'amour fraternel 

    On se souvient de nous tant que nous gênons

    Nous vivons dans la ville de l'amour fraternel,

    L'amour fraternel, l'amour fraternel 

    La voisine dira qu'il était casanier

    Et qu'il gémissait très fort durant la nuit,

    qu'il ne suivait pas ses bons conseils,

    Et n'appelait jamais le médecin.

    La voisine dira que personne ne l'aimait beaucoup

    Mais que personne ne se souvenait pourquoi et à cause de quoi

    La voisine dira combien facilement tous ont oublié

    le piteux fantôme dans son manteau ridicule

    Nous vivons dans la ville de l'amour fraternel

    On se souvient de nous tant que nous gênons

    Nous vivons dans la ville de l'amour fraternel,

    l'amour fraternel, l'amour fraternel.

     

     

     

     


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  •    Il y a des expressions qui sont faciles dans toutes les langues, d'autres dont la difficulté varie objectivement d'une langue à l'autre. Prenez : "Bonjour" n'est-ce pas beaucoup plus facile que le terrible "Zdravstvuitie" russe ? "machina" au contraire n'a t-il pas un sens plus international que l'étrange "voiture" ? 

        Et puis certaines expressions sont difficiles à prononcer dans toutes les langues. Par exemple : "je t'aime". Mais pour cela, il y a des chansons. Celle-ci par exemple : Чиж и Со - Полонез - YouTube

    Si ça te dit on pourrait creuser dans la neige

    Et y trouver au moins un rêve,

    Tu m’as dit que tu savais que c’est là–bas qu’ils vivaient

    On le ramène à la maison,

    Et on le garde avec nous jusqu’au printemps

    Ensuite, du balcon, on pourrait le laisser s’envoler,

    Qu’il vole.

     Les clochettes dans tes cheveux sonnent comme un sol dièse
    Les clochettes dans tes cheveux...

    Si ça te dit on pourrait faire un feu de bois,

    Et y réchauffer juste une étoile,

    Tu m’as dit que c’était justement comme ça que l’on faisait.

    On restera assis près du feu à se raconter nos rêves,

    Et le premier oiseau viendra nous chanter sa chanson,

    Avant de s’envoler.

     

    Les clochettes dans tes cheveux sonnent comme un sol dièse
    Les clochettes dans tes cheveux...

     

    Si ça te dit on pourrait briser la glace, et sauver au moins un amour,

    Tu m’as dit que tu voyais en cela un nouvelle aurore.

    On écrira des vers pour dire combien on est bien ensemble,

    Ensuite tu m’apprendras à danser la Polonaise,

     Et on prendra notre envol.

    Les clochettes dans tes cheveux sonnent comme un sol dièse
    Les clochettes dans tes cheveux...






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  •    Durant ces longues soirées d'hiver, et alors que le thermomètre, en tout cas au delà de ma fenêtre, indique un frileux -25, peut-être avez-vous envie de réchauffer l'atmosphère de votre casanier mois de février, et, ayant épuisé toute idée quant à quoi écouter sous la couette, de découvrir de nouveaux horizons musicaux.

       Voici quatre groupes russes dont vous n'avez (sans doute) jamais entendus parler (et c'est dommage) :

       1-Caprice

        Il s'agit d'un groupe qui ne cache ni son amour pour les instruments classiques (violon, hautbois), ni pour les elfes et les farfadets. Ils chantent en général en Laoris, langue des elfes, de moins en moins étudiée sur les bancs de nos écoles, mais également en Allemand, Anglais et (évidemment) Russe. Je vous conseille fortement l'album Kywitt Kywitt ! qui est d'ailleurs mon album de chevet, et qui je suis sûr vous fera voyager dans des contrées bien éloignées de nos problèmes actuels. Si quelqu'un, contrairement à moi, comprend la langue de Goethe, je lui serais reconnaissant de m'expliquer la chanson suivante : 

    Caprice - Kywitt! Kywitt! - YouTube

       2-Dvar

       Il y a beaucoup de légendes autour de ce groupe sataniste sur les forums spécialisés : ainsi, les écouter trop porterait malheur; des chercheurs linguistes auraient découvert qu'ils chantent en ancien araméen, ce qui n'est pas peu troublant. Eux-mêmes se disent investis d'une mission d'information de la part de créatures d'autres mondes, l'humanité n'étant pas encore prête à les écouter (à tous les sens du terme, sans doute !). Au delà du folklore, il reste une musique très originale, qui ne peut vous laisser indifférents :  

    DVAR - Vah Raii Uvah - YouTube

       3-Sinkopirovannaya Tichina

       Le groupe français Magma ayant inventé le zheul dans les années 70 ne se doutait sans doute pas que leur style de musique si particulier dépasserait le sol national. Le plus digne représentant en est japonais (Tatsuda Yoshida), mais les amateurs de zheul retrouveront la patte de Christian Vander chez le groupe suivant, dont une des particularités est, chose rare, de compter une chanteuse-batteuse en son collectif :

    Russian Zeuhl - Синкопированная Тишина - Протобаян - YouTube

       4-Ensemble 4'33"

       Groupe du violoniste Alexey Aigui, il s'agit d'un groupe de musique contemporaine extrêmement virulent, et dont je vous conseille particulièrement l'album Serdtse, qui est un vrai petit bijou. Il me rappellent le groupe français Art-Zoyd, pour leur côté classico-inquiétant. Bref, à découvrir d'urgence, ici par exemple : 

    Alexei AIGUI & Ensemble 4'33" @ DOM 22 Oct 2009 (5/5) - YouTube

       Les goûts et les couleurs, dit-on, mais si vous n'appréciez rien ici, dites-vous que vous avez de toute façon découvert quelque-chose qui vous était inconnu encore ce matin, vous n'avez donc pas tout perdu !


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